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Santé Mentale
31 Mars 2026
6 min de lecture

Santé Mentale et Ménopause : La FIGO recommande l'Hormonothérapie en Première Intention

Les dernières recommandations de la FIGO (Fédération Internationale de Gynécologie et d'Obstétrique) publiées en mars 2026 marquent un tournant majeur : l'hormonothérapie substitutive (THM) est désormais reconnue comme traitement de première intention pour les troubles de la santé mentale chez les femmes en périménopause.

Santé mentale et équilibre hormonal

Un changement de paradigme dans la prise en charge

Pendant des décennies, les symptômes psychologiques liés à la transition ménopausique (dépression, anxiété, brouillard mental) ont souvent été traités de manière isolée, principalement par des antidépresseurs. Les nouvelles recommandations de la FIGO ("FIGO best practice recommendations for the mental health of women at menopausal age", Khadilkar et al., Mars 2026) viennent bouleverser cette approche.

La fédération confirme que les fluctuations hormonales de la périménopause ont un impact direct et profond sur la neurochimie du cerveau. Par conséquent, le traitement hormonal de la ménopause (THM) doit être envisagé comme une intervention de première ligne pour préserver et restaurer la santé mentale des femmes durant cette période critique.

L'impact neurobiologique de la chute des œstrogènes

Le cerveau féminin est riche en récepteurs aux œstrogènes. Ces hormones jouent un rôle crucial dans la régulation de neurotransmetteurs clés tels que la sérotonine, la dopamine et la noradrénaline. Lors de la périménopause, les fluctuations erratiques puis la chute des niveaux d'œstrogènes peuvent provoquer :

  • Des épisodes dépressifs, même chez des femmes sans antécédents
  • Une augmentation significative de l'anxiété
  • Le fameux "brouillard mental" (brain fog) affectant la concentration et la mémoire
  • Des troubles sévères du sommeil, exacerbant la vulnérabilité psychologique

Neuroatypies et vulnérabilité hormonale

Pour les femmes neuroatypiques (TDAH, TSA, HPI, Hypersensibles), cette période peut s'avérer particulièrement déstabilisante. Les recherches montrent que les cerveaux neurodivergents sont souvent plus sensibles aux variations hormonales.

Par exemple, chez les femmes avec un TDAH, la baisse des œstrogènes entraîne une diminution de la dopamine disponible, ce qui peut aggraver drastiquement les symptômes d'inattention et de dysrégulation émotionnelle. L'approche recommandée par la FIGO prend tout son sens ici : stabiliser le terrain hormonal avant ou en parallèle d'autres interventions thérapeutiques.

Ce que cela signifie pour les professionnels de l'accompagnement

En tant que psychopraticiens, coachs ou psychologues, il est fondamental d'intégrer cette dimension physiologique dans nos évaluations. Face à une femme de 40 à 55 ans présentant une dégradation de sa santé mentale ou une exacerbation de ses traits neuroatypiques, la question de la périménopause doit être systématiquement posée.

Notre rôle n'est pas de prescrire (ce qui relève du médecin), mais de :

  1. Psycho-éduquer nos patientes sur le lien entre hormones et santé mentale
  2. Déstigmatiser le recours au THM, souvent freiné par des peurs infondées issues d'anciennes études mal interprétées
  3. Orienter vers des professionnels de santé (gynécologues, endocrinologues) formés aux dernières recommandations de la FIGO

Conclusion

La reconnaissance par la FIGO de l'hormonothérapie comme traitement de première intention pour la santé mentale en périménopause est une avancée majeure pour la santé des femmes. Elle valide l'expérience vécue par des millions de femmes et offre une voie thérapeutique ciblée et efficace, particulièrement cruciale pour les profils neuroatypiques.

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